Histoire: Les derniers mots de sir Thomas More

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Le 6 juillet 1535, Sir Thomas More quitte la Tour de Londres après quinze mois de détention pour être décapité sur ordre du roi Henri VIII Tudor. Il a eu, une fois sur le billot, les derniers mots les plus Pogonophile qu’on puisse avoir…

Qui était sir Thomas More?

Thomas More était un brillant humaniste et l’auteur d’un ouvrage mémorable, L’Utopie. Nommé lord chancelier du royaume d’Angleterre par Henri VIII en 1529, il a été le premier laïc à accéder à cette fonction, équivalente à celle de Premier ministre.

Son prédécesseur, Thomas Wolsey, avait été disgracié pour n’avoir pas obtenu du pape le divorce du roi et de Catherine d’Aragon.

Quand, dans un climat aussi crispé, Thomas More (50 ans) accède à la charge de chancelier, il a des raisons d’être inquiet. Ancien membre du Parlement et conseiller du roi, il lutte contre la poussée du luthérianisme en Angleterre. Sans trop d’aménité, semble-t-il, il jette en prison une quarantaine d’hérétiques et en livre une demi-douzaine au bûcher.

Mais ce sont les affaires matrimoniales d’Henri VIII qui lui causent les plus graves soucis.

Le 11 juillet 1533, le pape excommunie le roi, autrement dit lui interdit l’accès aux sacrements de l’Église catholique. Les rapports du chancelier avec Henri VIII se dégradent brutalement lorsque le roi signe en 1534 l’Acte de Suprématie par lequel il rompt avec le Saint-Siège et s’affranchit de l’autorité pontificale.

Sir Thomas, fidèle à ses engagements religieux, refuse de prêter serment au nouveau chef de l’Église anglicane. Le tribunal royal se réunit en juin 1535 et le condamne pour trahison à la décapitation publique. Est également condamné, pour les mêmes motifs, l’archevêque de Rochester, Jean Fischer. Leurs têtes allaient rester exposées à des crocs, pendant un mois, sur le pont de Londres (London Bridge, le seul pont dont disposait la ville à l’époque).

L’exécution

Exécution de Sir Thomas More par Antoine Caron

Au lever du jour, il fut réveillé par l’entrée de sir Thomas Pope, qui venait lui dire que c’était le plaisir du roi de souffrir à neuf heures du matin. Il a reçu la nouvelle avec un calme absolu. «Je suis très lié au roi, dit-il, pour les bienfaits et les honneurs qu’il m’a accordés; et ainsi m’aidez Dieu, surtout je suis lié à lui qu’il plaît à Sa Majesté de me débarrasser si rapidement des misères de ce monde actuel.”

 

Ainsi, vers neuf heures du matin, le lieutenant le fit sortir de la Tour, sa barbe longue, le visage pâle et maigre, portant dans ses mains une croix rouge,  Il avait été impopulaire en tant que juge, et un ou deux personnages dans la foule lui étaient insolents; mais la distance était courte et bientôt terminée, car tout le reste était presque fini maintenant.

L’échafaud avait été maladroitement dressé et tremblait en posant son pied sur l’échelle. « Je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter ; pour la descente, je me débrouillerai… ».Il déclare sur l’échafaud qu’il meurt en « bon serviteur du Roi, et de Dieu en premier »

Il a ensuite répété le psaume Miserere sur ses genoux; et quand il eu terminé, le bourreau implora son pardon. Sir Thomas More l’embrassa. «Tu es en train de me faire la plus grande faveur que je puisse recevoir», a-t-il dit. «Mon ami n’ai pas peur de faire ton office tu m’envoie vers Dieu. Mon cou est très court.” Le bourreau offrit de lui lier les yeux. “Je les couvrirai moi-même”, dit-il et, les attachant dans une étoffe qu’il avait apportée avec lui, il s’agenouilla et posa sa tête sur le bloc.

La hache mortelle était sur le point de tomber, quand il demanda une courte pause  le temps qu’il écarte sa barbe. – “Dommage qu’il faille la couper, elle qui n’a pas commis de trahison.” murmura t’il .

Ce fut les derniers mots que prononça sir Thomas More, avec beaucoup de sang froid et de courage, toujours fidèle à ses croyances.

Il est vénéré comme saint par l’Église catholique (saint Thomas More), béatifié, en 1886, par le pape Léon XIII et canonisé, en 1935, par le pape Pie XI


Sources:

 

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