Histoire: Impôt sur la barbe

Aujourd’hui à la mode, savez vous que la barbe fut interdite par le tsar de Russie Pierre le Grand en 1699, puis un impôt sur la barbe fut mit en place?

Tsar Pierre le grand

Pourquoi me direz vous? Et bien Pierre le grand voulait abolir les anciennes coutumes.

A la fin du XVIIe siècle, les aristocrates russes (boyards) portaient de longues barbes et des kaftans massifs. Ils se distinguaient tellement de la noblesse qu’il avait connue en Europe, que Pierre le Grand prend le taureau par les cornes pour transformer l’apparence de ses sujets. Le lendemain de son arrivée, il coupe publiquement la barbe de plusieurs représentants des plus grandes familles du pays en pleine assemblée, et fit même poster des barbiers professionnels aux portes de Moscou pour raser tous les arrivants. Lui-même n’en portait plus depuis son retour d’Europe occidentale, ne gardant qu’une simple moustache.

Ainsi, l’interdiction du caftan, long vêtement traditionnel aux larges manches, rentra également dans le cadre de la politique d’occidentalisation des mœurs et des modes initiée par le tsar. Celui-ci considérait que le port de la barbe était un signe rétrograde par rapport aux autres Européens. Jusqu’à cette époque, les hommes étaient très attachés à cet aspect de leur apparence.

Toutefois la barbe bien rasée ne s’enracine pas au sein de la société. Qui plus est, le clergé refuse de donner sa bénédiction aux hommes rasés. Le 5 septembre 1698, Pierre le Grand introduit alors une taxe sur la barbe. Un jeton spécial est introduit pour attester que l’heureux propriétaire d’une barbe a bien payé le doit de la porter.

À partir de 1705, tous les Russes, exception faite des moines et des paysans, doivent se raser la barbe et la moustache. Le montant de l’impôt dépend désormais de la classe sociale.

jeton de bronze attestant que l’impôt sur la barbe avait bien été payé

 

  • 100 roubles pour les nobles et les hauts fonctionnaires ;
  • 60 roubles pour les courtisans et commerçants ;
  • 30 roubles pour laquais et cochers ;
  • 1/2 kopeck à l’entrée et à la sortie de chaque ville pour les paysans.

 

 

En guise de quittance, ceux-ci recevaient un jeton de bronze (qui servit également de monnaie d’échange), sur lequel l’inscription annonçait : « La taxe a été perçue » (Dengi vziaty), et l’image représentait une barbe. Parfois apparaissait la devise : « La barbe est un fardeau inutile ».

caricature de l’impôt sur la barbe

Les résistants au barbier étaient tenus de porter sur eux les jetons et de les présenter à chaque réquisition. Le jeton était à renouveler chaque année. Mais par la suite, beaucoup de nobles et de commerçants, trouvant la charge trop lourde, finissaient par se raser. Les plus récalcitrants étaient les gens du peuple. Ils payaient leur écot et demeuraient persuadés qu’ainsi ils étaient de « vrais mâles et de vrais chrétiens ».

Cette taxe se révéla très vite impopulaire. Les opposants les plus virulents étaient les membres de l’Église orthodoxe. Pierre publia un rectificatif, dispensant les religieux de l’oukase et donc de la taxe.

L’impôt sur la pilosité faciale n’était pas vraiment une idée originale, en Angleterre, le roi Henri VIII lui-même barbu, introduisit une taxe sur les barbes en 1535. La taxe était graduée, suivant la position sociale du barbu. Sa fille, Élisabeth Ire réintroduisit la taxe, en ne concernant que les barbes de plus de deux semaines

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